Goûter-poésie du 3 février : en thème "j'écris une fable", pas facile.... Mais nos poètes ne manquent pas d'idées :
LE SOLEIL ET LA PLUIE
Bonjour, dame la pluie!
Que vous arrive-t-il, aujourdhui?
Pour tant pleurer, j'en suis tout ahuri!
Avez-vous des soucis ?
Mais non, Monsieur Soleil
Mes larmes sont de joie,
Car voyez-vous, ici bas,
Tous les jardins m'implorent et sont aux abois
Mon eau les ravigote et fait naître à la fois
La force et la vigueur de ces plantes en émoi!
Et vous ? mon cher soleil, mêlez-vous avec moi
Que vos radieux rayons apportent aux minois
Le sourire aux lèvres et un regain d'éclat !
Faisons notre arc-en-ciel dans un azur ardent
Tous les deux enlacés comme de vieux amants !
Répandons sur la terre notre belle amitié
Pour qu'elle se reflète aux couleurs distillées !
Que le monde s'imprègne et pour l'éternité
des amitiés sincères comme nous partagées.
Michèle Molinier
LA CIGALE ET LA FOURMI
La cigale chantait toute la journée
Et pour se valoriser,
Interprétait les tubes de l'été;
Pendant ce temps,
courageuse la fourmi, sa voisine
Faisait le plein dans sa cuisine,
Elle ramassait des graminées
Elle entassait des grains de blé.
Quand l'automne est arrivé,
La cigale fut toute retournée,
Désemparée, n'avait plus le coeur
Pour chanter et danser
Et la cigale s'est mise à pleurer
Car elle n'avait plus à manger.
La fourmi, en bonne copine
Consola la cigale qui n'avait pas bonne mine
Gentille, elle lui ouvrit sa porte
Voyant la cigale malade et épuisée,
Elle lui donna des réserves de blé
La fourmi était très embêtée
De voir la cigale si diminuée,
Qui ne riait plus et ne chantait plus.
La fourmi rencontra le grillon du foyer
Et lui conta l'ennui qu'elle avait.
Le grillon alors rentra pour l'hiver
Il se mit à chanter toutes les soirées
Pour que la cigale soit en forme pour l'été.
L'hiver passé, la cigale au printemps
En chantant, prit la clé des champs
Sans dire merci, elle s'enfuit.
Moralité : La main qui donne n'est pas toujours remerciée.
Martine Cabanes
Sont deux exemples des textes présentés.
Hors concours, Francine Homey, présidente, a écrit :
LA MARGUERITE ET LA CAMOMILLE
Belle journée de printemps
Pour une promenade dans les champs
J'errais, musais et chantonnais
Quand tout à coup,
Juste à côté de moi,
Une dispute attira mon attention ?
La camomille bousculait la marguerite
« poussez-vous, blanche fleur
Là-haut perchée sur votre tige sans fin
Snobant tout votre entourage,
Laissez-moi étaler mes bouquets ! »
« Qu'importe vos bouquets, dit la marguerite,
Nul ne les admire
Moi je suis digne de paraître
Au milieu de jolies compositions.
Je porte même un vrai nom,
Un de ceux qui figurent dans tous les calendriers
Celui d'une sainte
Alors que vous, pfff...camomille
Qui voudrait s'appeler ainsi ?
De plus votre odeur importune mes amies. »
« Taisez-vous pimbêche attardée !
Mes fleurs sont très utiles
Fort appréciées des humains
Pour d'excellentes infusions digestives »
« Mais cette petite morveuse a des prétentions
-excellentes infusions digestives, et puis quoi ? –
Vous êtes imbuvable de prétentions
Moi je suis belle, droite comme le I du mot
Immaculée comme ma blancheur naturelle
Tout le monde m'aime »
« Oh oui, s'esclaffa la camomille,
j'ai bien souvent vu les jeunes gens
arracher vos pétales en chantant
-je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément,
PAS DU TOUT,
C'est plutôt de l'amour vache ! »
A peine ces paroles prononcées
Toutes deux furent avalées
Par dame la Faucheuse
Qui nous le savons tous
N'a pitié ni de celle qui porte
Le nom d'une sainte
Ni de celle qui est utile aux autres.
Francine HOMEY